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Façon de parler - Le blog de Jean-Baptiste Adjibi

Chroniques, Langues & Littératures

Produit durable

Publié le 26 Avril 2013

Produit durable

A la foire africaine de Paris, (4-7 avril), le stand livres que nous avons installé entre vieux briscards de la négro-édition parisienne, a reçu de nombreux visiteurs, de tous profils, malgré le stand zouk qui pétait du Kompa à deux pas, sans interruption. Sylvestre Amoussou, le réaisateur iconoclaste a "squatté" pendant une bonne demi-heure, du coup je connais par coeur le scenar de son prochain film. Manu Dibango était surtout venu pour sa filleule, Joelle Esso, qui partage la vie du chef des éditions Dagan. Il m'appela "mon fils". Juste. Il a le même âge que papa.

Ceux qui se sentaient gênés de ne pas acheter inventaient des titres ou des genres de livres absents des présentoirs. Moi, au salon de Paris, quand je veux pas acheter je dis très fort après avoir examiné le bouquin "Ben bon courage!". Ou alors je le dépose et balance un grand sourire. Les livres sont des produits bizarres. On est doublement payé quand on en vend un, surtout quand on en est l'éditeur : le seul acte d'achat est doublement articulé : le beurre de la reconnaissance et le fric de ce beurre. Et puis, c'est un produit imprévisible (ou alors ce sont les lecteurs qui sont imprévisibles); les livres que j'ai le plus vendus ne sont pas les derniers nés du catalogue; et ça n'est pas mon ami Gnammakou qui va me démentir.

Les organisateurs ont fait une campagne efficace qui a provoqué de la fréquentation. J'ai invité des amis, y compris de très loin en France. Certains, une fois à Paris, ont été "confisqués" pendant les quatre jours par leur hébergeuse. C'est des choses qui arrivent. Mais en apprenti-commerçant, je leur ai envoyé des paquets d'office de livres qu'ils auraient pu acheter sur le salon. Les frères Kiese (Mawawa et Mboka) ont su lier le bois au bois dans le montage de notre pool de stands. Mais tous les commentateurs disaient que les organisateurs (Ivoiriens?) devraient se méfier du flair de certains participants. "Ce salon risque de leur échapper car il y a un monde fou mais l'organisation n'est pas très carrée". Autrement dit, il y a un potentiel véritable qui peut être mieux valorisé.

J'ai fait des découvertes intéressantes : le stand IT "DaytechIt" de Davy Kiala, le stand géant de Moriba (trade mark) [saveurs d'Afrique), la tchatche du jeune Moussa Touré qui représentait Money Exchange, un concurrent de Western U. Il faut dire que les sociétés de transfert d'argent étaient très nombreuses. Foisonnaient dans cette foire, les initiatives les plus nouvelles, les plus inédites. On se dit tiens "l'Afrique bouge". On a aussi vendu des livres quand même. Par exemple "La lecture chez les jeunes au Bénin" (éditions Afridic) de JC Hounmènou a rencontré des lecteurs (sonnants et trébuchants) inattendus, comme l'équipe de l'association LHED (insertion, accompagnement) venus droits du...Bénin et de Belleville.

La nouveauté (La reine et son complice, roman, jba, Afridic) a aussi fait des heureux lecteurs. Mais au rythme où Joelle Esso signait sa BD sur Samuel Etoo, je m'étais demandé si je ne devrais pas envisager de suggérer à la direction d'Afridic, l'idée d'introduire la littérature jeunesse dan le catalogue...

Je dois ajouter que la jeune et mignonne responsable de l'association AUTIFAC m'a fait passer un agréable quart d'heure en me faisant découvrir l'univers des autistes. Rescapée de la guerre de 1997 au Congo B, elle a eu des propos très très émouvants.

Le 25 mai, elle organise une soirée de Gala de bienfaisance à Villacoublay (autifac.org)

Côté médias, Radio-TV Tongolo est une curiosité pleine de générosité qui a interviewé la moitié du salon. Pour passer dans l'émission de Sostène Nguémi, il suffit de le joindre sur radio-tongolo.com

A part le Kompa, Haïti (Chérie) était présente à travers le café Lakay de Port-au-Prince (cafelakay.com)

Un big up aussi pour Eitel Basile NGNGUE EBELLE qui lance son festival de Cannes africain (festivaldufilmpanafricain.org)

Monique Blin, avec qui j'ai fait l'entrée samedi matin, n'était pas revenue, en tout cas, je ne l'avais pas revue mais, bien que n'ayant pas reçu d'invitation, elle avait tenu à faire un tour. Encore une victime de la (bonne) pub.

Comme pour dire que les Africains et leurs congénères ne font pas que vivre, il y avait aussi un stand des... Pompes Funèbres.

Je remercie l'association des Maliens (oubié le nom; ils étaient vêtus pareils) qui nous a servi de très bons repas complets à moins de 10 €, et aussi la sublime ambassadrice des Burkinabè de l'association "Zood Yinga".

La foire africaine, un bon moment, un bon point pour cette année. Mr Yao et ses amis ne devraient pas attendre deux ans mais seulement un pour la troisième édition.

Walaaa!!!

Il est presqu'une heure du mat'. Sur radio Classique, c'est Jean-Claude Carrière qui cause de JJ Rousseau avec Olivier Bellamy, sur fond de Ravel. Il paraît que Rousseau était plus vrai, plus authentique, plus etc... que Voltaire. C'était sans doute pour vendre son livre (Conversations avec JJR, Plon). Décidément. Le livre, un produit durable.

A bientôt,

JBA.

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