Voici un mot facile à chroniquer. J'y ai pensé après avoir commenté un post Fb de Bibi Gologo.
Phonétiquement, le mot "femen" est très riche; on y entend des sons tels que "fait main", "femine", etc.. Morphologiquement, c'est un mot-valise linguistiquement croisé (français et angais) de "femme" et "homme". Idéologiquement, le sème féminin "femme" précède graphiquement le sème masculin "homme" bien que les deux soient représentés conjointement ("fe-men").
La préséance du féminin ("fe") est peut-être involontaire et choisie par commodité phonétique ("femen" sonne mieux que "menfem" par exemple). Mais cette place première du morphème "fe" (représentant la femme) rejoint la volonté féministe de revendiquer des droits égaux à ceux des hommes, notamment le droit d'occuper les premières places.
Au plan sémantique, un commentaire quelque peu sérieux de ce mot s'avère en fait plus compliqué. C'est le cas pour la plupart des néologismes et autres mots fabriqués. Leur sens est presque toujours décidé par le contexte, par l'énonciation.
Ainsi, pour une militante ou un sympathisant, le mot "femen" peut désigner par exemple l'égalité homme-femme. Pour un machiste misogyne, "femen" peut signifier par exemples, au mieux "fait pour les men", "fait pour les mains" et au pire "femmes qui se prennent pour des hommes".
La plupart des gens n'ont vu les manifestations de Femen qu'à la télévision. Il faudrait peut-être demander l'avis des JRI, des cadreurs et des cadreuses qui voient "en vrai" tous les jours ces poitrines épanouies et les contextes effectifs de leur expression, pour mieux cerner le sens le plus adéquat qu'il convient de leur attacher.
Ceci m'amène à concéder finalement que, contrairement à ce que je déclarais au début de mon propos, ce mot de "femen" n'est pas si aisé à chroniquer.
Sur Radio Classique, c'est une publicité triviale qui vient d'accaparer l'antenne. En attendant une Harpe de Xavier Demaîstre sur un Vivaldi. Histoire de rappeler que le haut et le bas sont inséparables.
Bon ouiquende!
JBA.