C'est souvent après 23 heures que les bonnes idées me viennent. Ou alors quand j'écoute quelqu'un dont le propos me cause de l'ennui, c'est-à dire du désintérêt mêlé à l'obligation (de politesse ou de nécessité) d'écouter. Les bonnes idées ne me viennent presque jamais en situation normale et ordinaire.
Mais après 23 heures et en pleine semaine, je ne peux pas les exploiter car déjà ressentant les effets d'une journée chargée.
Il ne reste plus que quelques minutes de ce mardi. Il paraît que c'est la journée de la gentillesse. Un magazine parisien et mondain a même décerné le prix de la gentillesse au président François Hollande. La gentillesse, c'est du sérieux donc.
Mais qu'est-ce que c'est, la gentillesse?
La pratique des réseaux d'écrans m'a amené à constater que beaucoup de ceux qui fréquentent l'Internet recherchent en fait de la convivialité et surtout, des gens gentils. C'est ainsi que j'ai découvert, très surpris, que certains considèrent une page Internet qu'ils ont "ouverte" comme un domicile privé, un territoire, une île en propre, un bien personnel, intouchable, inviolable, infranchissable sans coup de feu, sans coup de sang, sans coup de gueule qui remette à sa place l'intrus, l'indésirable, le...
Moi qui, lorsque j'échange sur les sujets qui me tiennent à coeur ne fais de "cadeau" à personne pas même à mes amis de la vraie vie que je connais de chair et d'eau, moi donc, un type facilement gentil (de l'avis de mes proches) je me suis retrouvé plus d'une fois éconduit en des termes peu .... gentils.
La deuxième fois étant de trop, j'ai décidé de revenir au début du "social hub" à savoir le "web dialog" qui devint aujourd'hui le blog. Pur et dur. Pas assez "grand type" genre vip pour me payer un typepad, je suis revenu vers l'over, l'autre bonne vieille manière de weber (pas Weber mais le verbe "ouèber").
N'étant pas vraiment disposé à accepter la gentillesse obligatoire des sites que je fréquente, j'ai décidé de me faire violence et revenir ici. C'est donc d'ici, depuis cette plateforme gentiment gratuite que je vais lancer mes roquettes, mes scuds, mes katouchas et mes exocet vers la netosphere car le net, je ne l'aime que quand c'est piquant, juste ce qu'il faut mais piquant.
Ne trouvant rien d'original, j'ai adopté le titre "Façon de parler". En fait, je m'inspire ce faisant de Frédéric Ferney, le journaliste-écrivain-essayiste (gentil, avec son sourire indébranchable) qui sait si bien faire aimer les livres. Après la fin en 2011 de son magazine télévisé Le Bateau Livre, il a conservé le blog de l'émission et continué à publier autour du même sujet. Pour ma part, lorsque j'animais "Façon de parler" sur RFI, les blogs n'existaient pas et Internet était un nouveau mot que les journalistes commençaient à peine à prononcer (on se servait parfois du Minitel pour expliquer son fonctionnement). Je recycle donc "Façon de parler" pour baptiser ce blog.
La violence n'est pas le contraire de la gentillesse mais il est des violences qui sont utiles. Puisque désormais, je vous donne rendez-vous ici, chez vous, chez, moi, chez nous, sur une île aussi grande que la Terre et aussi privée que votre salle de bains.
A bientôt,
JBA.